
Il existe des tas de mythes autour de l’écriture. Artistes maudits, écrivains malheureux. Et si on en finissait avec l’évocation romantique de l’écrivain maudit pour commencer à écrire facilement ?
Et si on en finissait avec l'écrivain.e malheureux
Je ne sais pas vous, mais en ce qui me concerne, j’ai l’impression d’avoir longtemps été bercée par le fantasme qu’il fallait être malheureux.se pour pouvoir écrire.
Que la souffrance était un gage de sagesse.
Et que rien ne méritait d’être écrit sans expérience de la douleur.
D’où vient cet héritage sinistre ? De l’école peut-être qui nous a appris à chérir Baudelaire (incarnation suprême du poète maudit) ; à souffrir avec Rimbaud, à aimer le tragique, l’inéluctable, la non compromission.
Cette vision a longtemps biaisé ma propre écriture. Je croyais vraiment qu’il fallait souffrir pour écrire.
Et pourtant...
Nourrir la joie
Dans un monde tellement en souffrance, je trouve aujourd’hui qu’il est presque politique de vouloir opposer à la peur la joie. L’amusement. Le rire. J’évoque largement cette posture de la joie dans la masterclass que j’ai donné en janvier pour le Paon « Planter les graines de son année créative »
Aborder une séance d’écriture avec légèreté, n’empêche nullement d’écrire des textes sérieux, intimes, émouvants. Seulement la peur est libérée, traversée, transcendée. L’écriture par la joie, se fait plus fluide, plus nette.
Nous sommes inondés en permanence sur les réseaux, à la télé, par le monde en ruine. A nous aussi de faire le pas de côté et d’y apporter de la lumière.

