
Mon premier roman, Ce que j’aurais aimé dire à mon psy, vient tout juste de paraitre aux Editions Les Bonnes Feuilles.
Aujourd’hui, j’avais envie de parler avec vous des coulisses de l’édition et de la distribution, ou non, des livres en librairie.
Selon le syndicat du livre, ce sont environ 75.000 nouveaux titres qui paraissent par an en France. Un chiffre en constante augmentation. Les français lisent moins mais écrivent plus. Vaste paradoxe.
Les lecteurs achètent encore à 40 % leurs livres dans une des 3000 librairies indépendantes que comptent le territoire français (et ce, devant les grandes surfaces, ou même internet).
Alors, qu’est ce qui fait qu’un livre soit mis en avant (ou non) chez votre libraire de quartier. Et puisse ainsi arriver jusqu’à ses lecteurs et lectrices ?
Etre publié.e, le Graal ?
Vous ne le savez peut-être pas mais Ce que j’aurais aimé dire à mon psy est ma troisième expérience de publication. Pour le tout premier, mon recueil Silences (co écrit avec Amélie Marzouk), nous avions décidé de tenter l’aventure de l’auto édition et du financement par une campagne ULULE. Une expérience enrichissante et qui correspondait à notre volonté de ne répondre qu’à nos propres contraintes éditoriales et surtout de le publier tout de suite.
Ma deuxième expérience se fit avec Là où danse le monde. Mon recueil de poésie illustré de mes collages, et publié aux éditions Les Bonnes Feuilles. Sorti en 2024, ce recueil s’est vendu autour d’une centaine d’exemplaires. Déjà pas si mal pour de la poésie.
Surtout, ce livre ci m’a permis d’en apprendre un peu plus sur les rouages de l’édition et donc d’être aguerrie sur ce qu’il était nécessaire de mettre en place pour pouvoir vendre ses livres. Car être édité chez un éditeur à compte d’éditeur ne suffit pas.
Chaque année, ce sont donc 75000 nouveautés qui viennent grossir les catalogues des librairies.
Les grosses maisons d’édition se partagent la visibilité, tout simplement parce qu’elles ont les moyens de le faire, qu’elles emploient des gens pour et participent à un système que vous ne connaissez peut-être pas : le renvoi possible.
Les livres pillonnés.
Quand un nouveau titre va paraitre dans une maison d’édition, il est inséré dans son catalogue de parution. Des représentants des maisons d’édition démarchent les librairies, une à plusieurs fois par an, qui elles même peuvent passer commande. Seulement cette commande n’est pas tout à fait ferme.
Une fois le livre déballé, apposé en librairie, il peut être retourné au distributeur en cas d’invendus; ces invendus sont ensuite soit réintégrés dans un circuit de livres d’occasion, soit tout simplement pillonnés (environ 25.000 tonnes par an)
Le libraire dispose de 6 mois à deux ans (en fonction des maisons d’édition) mois pour les retourner : ça s’appelle le droit de retour.
Cela explique la durée de vie assez courte d’un livre en librairie: le libraire ne peut tout simplement pas prendre le risque de conserver des stocks où les ventes ne suivent pas. Et surtout il doit intégrer les nouveautés au fur et à mesure de l’actualité.
Une autre voie ?
D’autres éditeurs; c’est le cas de Les Bonnes Feuilles, ont fait le choix de ne pas adhérer à ce système et de produire les livres quasi à la demande.
En résumé, leur catalogue de parution est disponible sur leur site internet, puis passé un certain seuil de ventes, le livre est disponible en librairie.
S’il est disponible en librairie, cela ne signifie pas que vous le verrez exposé en librairie ; à moins que ….
Avec leur système en dehors du système, Les Bonnes Feuilles font le pari d’une édition plus écologique. Simplement, les libraires n’étant pas démarchés par des représentants, il est nécessaire pour l’auteur.ice de démarcher presque en direct les dits libraires pour se faire connaitre. Cela demande plus de temps ; temps qu’il faut accepter pour laisser à l’autrice l’opportunité de se faire connaitre : sur les réseaux MAIS AUSSI ET SURTOUT grâce au réel engouement du public.
Aussi, mon livre est bien disponible à la commande auprès de votre libraire, puisque Les Bonnes Feuilles utilise le même logiciel de référencement que les grosses maisons d’édition, et parions que si ce livre est commandé plusieurs fois dans le même point de vente, le libraire se penchera sur la possibilité de le référencer
C’est à vous de jouer désormais, lecteurs et lectrices. Si vous avez envie de découvrir ce livre, allez le commander chez votre libraire.
Et si vous n’en avez pas à proximité, vous pouvez toujours le commander sur le site Les Bonnes Feuilles ou encore sur Amazon, Cultura, Librairie Eyrolles

